Vie au Maroc, Vie d'Expat

Première expatriation : c’est nul !

Cela fait maintenant quelques mois que j’ai emménagé ici, à Casablanca. J’ai 14 ans.

Avant mon expatriation je n’avais jamais déménagé de toute ma vie (ou alors j’étais trop petite pour m’en souvenir !).

J’ai pensé que cela pourrait être une bonne idée de partager mon point de vue sur cette aventure, le point de vue d’une ado.

Je dois avouer que lorsque mes parents m’ont appris qu’on déménageait au Maroc, je n’ai pas sauté de joie, mais alors PAS DU TOUT !

Je leur en ai énormément voulu car évidemment je ne voulais pas que ma vie change.

Tout le monde trouvait au contraire que c’était « une chance que je n’aurais pas deux fois dans ma vie ! »

A force de l’entendre encore et encore, j’ai réalisé que de toute façon la décision de mes parents était prise et que je n’aurais aucun mot à dire là-dessus. Super !

Nous nous sommes donc rendus à Casablanca pour la première fois, en avril dernier, pour visiter un peu les différents quartiers. Autant dire que j’ai fait la tête durant tout le séjour et même les allées avec des palmiers ne me faisaient pas rêver.

Alors oui certes il y avait la plage, les centres commerciaux et tout ce qui va avec mais je n’étais pas prête à quitter ma bonne vieille France.

Mais bon… comme je l’ai dit je n’ai pas eu le choix.

En septembre, j’ai fait ma rentrée de 3ème au Lycée Lyautey à Casablanca.

Considérée comme la plus grande école française à l’étranger, elle est immense, c’est clair. 

N’ayant pas visité l’établissement auparavant, la première semaine a été catastrophique pour trouver les salles de cours.  Merci les plans des bâtiments placardés sur les panneaux d’affichage !

Comme nous sommes dans une école française, les manières d’enseigner restent quasi identiques à celles de mon ancien collège. Le niveau en langue, est bon, très même, mais avec un peu d’efforts, j’arrive à suivre.

A Casablanca, j’ai aussi découvert les fameux bus jaunes, comme aux USA, enfin presque. J’ai trouvé cela plutôt cool ! Sauf qu’il faut se lever très tôt pour le prendre : 6h45… moins cool.

Toutefois, je me suis assez vite habituée. Et puis le chauffeur nous embarque quasiment en face de chez nous.

En classe, je suis aussi passée de 2 Mathilde ou 2 Théo à 3 Ryan, 2 Mehdi et 4 Kenza ! C’est d’ailleurs assez amusant quand un prof en appelle un seul et que tous se retournent.

Moi c’est plutôt avec mon nom de famille que les profs ont eu du mal au début. Ils voulaient absolument ajouter un « e » en plus à la fin !

La plupart des élèves sont marocains. Toutefois il y aussi pas mal d’expatriés. Et eux  viennent de partout dans le monde. Exemple : Zambie, Roumanie, Ukraine et même Slovénie ! Je fais petite joueuse quand on me demande d’où je viens et que je réponds la France.

On a aussi vite fait de repérer qui habite le Maroc depuis longtemps ou depuis peu. Certains connaissent l’arabe, d’autres non mais tous ont la faculté de lier facilement conversation. C’est typique d’ici : « Bonjour, ça va bien ? Pas trop fatiguée ? » Alors que vous ne les connaissez pas du tout !

Tout le monde parle avec tout le monde ! Au final vous finissez par savoir qui est qui en moins de deux semaines !

Certaines choses me manquent (pas forcément dans l’ordre hein) :

– La pluie (oui parce qu’ici aucun risque d’avoir du mauvais temps hein… au début c’est bien mais bon 27° à la fin novembre…)

– Mes amies (évidemment !)

Et puis, il y a un truc qui m’énerve mais vraiment : qu’on me considère toujours comme une touriste !

Je m’explique : ayant des cheveux et des yeux clairs, on sait tout de suite que je ne suis pas d’ici mais quand même, arrêtez d’essayer de me vendre des souvenirs tous les trois mètres !

Mon premier bilan après 3 mois ici, est mitigé. D’un côté je me suis bien intégrée mais de l’autre, la France me manque beaucoup. Je suis passée d’une petite ville en bord de Seine et d’Oise, toute mimi et verte, à une métropole de plus de 4 millions d’habitants avec des voitures PARTOUT.

Quand on me demande si je préfère le Maroc ou la France, je réponds que c’est trop différent pour être comparé. Et c’est totalement vrai. Ce n’est pas la même culture, la même façon de penser que celle avec laquelle j’ai grandi jusqu’à maintenant.

Je trouve important de partager mon expérience avec les adolescents qui se retrouvent dans la même situation que moi.

J’avoue ! Je ne digère toujours pas le déménagement trop soudain (cela s’est fait en deux mois !) et continue de faire presque toujours autant la guerre à mes parents (sans mes frères, vive la solidarité!).

Alors  vous autres, adolescents qui n’avez pas le choix et donc subissez la décision de vos parents, comme moi, dites vous qu’au moins quand vous rentrerez dans votre pays d’origine, vous aurez quelques anecdotes de plus à raconter à vos amis ou votre famille.

-Queen M       (La seule et unique !)

PS: Bon j’ai comme l’impression que les parents vont m’en vouloir car j’ai encore plus remonté leurs enfants, qui sont déjà réticents.

Désolée !

2ème ps : Toi qui vit la même situation que moi, rebelle toi vite avant que tes parents ne t’empêchent de lire cet article !!!

Les voyages de la Tribu·Vie au Maroc, Vie d'Expat

Coup de coeur : La Mosquée Hassan II à Casablanca est une visite incontournable

Casablanca étant présentée comme la capitale économique du Maroc, un séjour touristique n’y est que peu envisagé.

Et c’est quelque peu dommage car la Mosquée Hassan II est une visite somptueuse.

Erigée en partie sur la mer, elle présente la particularité d’être ouverte aux non musulmans et d’avoir un des plus hauts minarets du monde (200 m).

Mais c’est aussi une réalisation technique exceptionnelle.

Elle est l’oeuvre d’un architecte français, Michel Pinseau et a été réalisée par une célèbre entreprise de construction française.

Soumise à de fortes contraintes climatiques de par sa position sur la mer, le bâtiment est intéressant tant extérieurement qu’intérieurement.

Réalisée avec le savoir faire des artisans marocains, le sol est en marbre, des zelliges décorent les murs. Les plafonds sont en bois de cèdre sculptés et, ou peints et les lustres et appliques sont en verre de Murano.

Tout y est soigné, propre et beau.

Au milieu de la salle de prière, un cours d’eau artificiel a été réalisé grâce à un circuit d’eau fermé.

Le toit de la mosquée est également une prouesse technique puisqu’il s’ouvre en 5 minutes. Cette structure métallique est recouverte à l’intérieur de bois de cèdre tandis que les tuiles (imitant la tuile en terre cuite vernissée traditionnelle de Fes) sont réalisées en aluminium (permettant un gain de poids énorme) allégeant ainsi de manière spectaculaire le poids de l’ensemble.

La salle des ablutions sous la salle des prières est également étonnante.

Immense, elle abrite 41 fontaines et les murs sont en tadelakt, ce qui les rend brillants et imperméables à l’eau.

La visite de l’endroit s’effectue à des horaires précis et sous la direction d’un guide uniquement, en plusieurs langues, et s’adresse aussi bien aux grands qu’aux petits.

Si vous venez à Casablanca, visitez là !

Vie au Maroc, Vie d'Expat

Monnaie monnaie monnaie !

La devise du Maroc est le dirham (dh). Un dirham vaut environ 0,10 cent d ‘euro.

Au quotidien à Casablanca, on n’utilise pas de carte bancaire (CB), on utilise des espèces. Pour tous les achats de la vie quotidienne, on utilise donc des dirhams.

A titre d’exemple, un kilo de tomates coûte environ 6 dirhams, un kilo d’oranges à jus, 7 dirhams soit moins de 70 cents d’euros.

Dès lors la CB ne sert que pour des achats conséquents et encore toutes les commerçants ne l’acceptent pas.

Attention dès lors à ne pas dépasser le plafond de retrait hebdomadaire sinon gare à la mauvaise surprise vécue évidemment : ben oui il y a des sous sur mon compte ah mais non je ne peux pas aller au guichet en retirer : on est dimanche ou il est 20h !

Imaginez-vous donc un instant tout payer en espèces à partir de maintenant ? Y compris un meuble, par exemple. Et vous comprendrez vite à quel point le distributeur automatique de billets le plus proche est devenu votre nouvel et meilleur ami !

Moi qui avait rarement plus de dix euros en poche à Paris, je me suis adaptée à une nouvelle façon de gérer l’argent : j’ai investi dans un plus grand porte-monnaie !

Et s’il y a désormais plus de billets dans mon porte monnaie il y a surtout… plus de monnaie.

Car, au quotidien, on court tous après la monnaie. Dès qu’on a un billet de plus de 50 dh, on s’arrange pour faire rapidement de la monnaie car nécessairement on va en avoir besoin rapidement !

Hors de question de sortir avec juste la CB dans la poche. Sauf si on veut être sûr de ne rien acheter évidemment ! Mieux vaut prendre le ….

N’est-il pas joli d’ailleurs ce porte-monnaie ? Entièrement fait en matières recyclées avec des bandes VHS par exemple. Incroyable non ? Comme c’était en plus pour une bonne cause… c’est celui de Queen M désormais.

A Casablanca, il existe des services qui ont totalement disparu dans nos pays comme Madame Pipi, cireur de chaussures ou pompiste. Et oui ici, le réservoir d’essence de l’automobile n’est pas fermé à clé car c’est une personne qui te sert l’essence et non un automate.

Evidemment tous ces services se règlent uniquement en petite monnaie.

La palme de l’utilisation quotidienne de pièces revient aux petits taxis rouges qui transportent jusqu’à 3 passagers d’un point à un autre, en plus ou moins en bonne condition  (tout dépend de l’état du véhicule et de la conduite du chauffeur) et au stationnement.

Ce dernier est mon plus gros consommateur de pièces. Car le montant du stationnement dépend du quartier, qui diffère d’une rue à l’autre, d’un jour à l’autre voire même parfois d’une heure à l’autre…Ou encore de votre sourire, ou, de votre tête : inutile de vous expliquer qu’avec une tête de parfait touriste, le prix est croissant !

Il n’est donc pas facile de s’y retrouver. Car la question est à chaque fois identique : combien ? Et là les choses se compliquent, surtout quand on est novice !

Cinq jours après mon arrivée à Casablanca, je me suis transformée, en chauffeur pour mes enfants, essentiellement, pour les conduire au collège et au lycée.

Ne connaissant pas la ville et devant la circulation intense, je pris très vite l’habitude de me garer, au même endroit et ce jusqu’à 6 à 10 fois par jour en fonction de leurs emplois du temps (quelle idée aussi d’avoir 3 enfants d’âge différents ! Au moins avec des triplés j’aurais pu exiger qu’ils soient dans la même classe et ils auraient eu des horaires identiques !!!).

A chaque fois évidemment je payais mon écot et n’ayant aucune connaissance du système, je donnais une pièce de 5 dirhams à la gardienne qui m’accueillait toujours avec un grand sourire, me demandant comment j’allais etc,  limite je me demandais si elle ne me gardait pas la place… Jusqu’au jour où je compris : le tarif était de 2 dirhams et non 5 !!!!

Aujourd’hui, je fais moins le chauffeur mais quand je vais au lycée et ou au collège et que c’est la dame, qui me reconnait toujours et qui me salue avec un grand sourire et bien… je continue à lui donner 5 dirhams.

Le stationnement est une source inépuisable d’étonnement pour le nouvel arrivant.

Ainsi, arrivé à destination, une fois le véhicule stationné, il faut bien regarder le mode de fonctionnement de la rue. S’il y a un gardien de rue, c’est lui. S’il y a un parcmètre, quelques pièces dans l’automate, le ticket sur le pare brise etc et hop le tour est joué. S’il y a les deux, je choisis toujours le parcmètre (et je donne mon ticket s’il est encore valide au gardien à mon départ).

Bien veiller surtout à alimenter le parcmètre car le sabot peut être installé en moins de 10 minutes (l’amende coûtera 30 dh en espèces uniquement) et l’enlèvement en fourrière en 20 minutes (fourrière évidemment très loin et l’amende monte à 350 dh).

Cela fait cher l’arrêt juste pour du pain ou des tomates !

Mais il arrive très souvent qu’à l’horizon de la rue, il n’y ait rien, ni personne…. L’endroit est totalement désert.

Evidemment, je m’en vais donc vaquer à mon occupation. Je reviens (toujours personne) je remonte dans mon véhicule, je commence à manœuvrer pour sortir de ta place et là comme par magie : surprise ! Une personne tape à ma vitre en disant « parking »! Et là et bien pas le choix : je paie même si je suis sûre que personne n’a veillé sur mon auto en mon absence.

J’ai également appris qu’il ne faut ne jamais payer tant que je ne suis pas sortie de ma place et que je ne suis pas prête à m’insérer dans la circulation…Car sinon dès que j’ai donné ton obole et bien débrouille toi Simone, il n’y a plus personne, le « gardien » a disparu !

Suivant les déplacements en ville, les endroits fréquentés ou les achats effectués, que ce soit pour 2 minutes ou 2 heures, il faut donner l’écot au gardien. En général 2 dh suffisent. S’il n’est pas d’accord il le dira aussitôt  Mais à certains endroits cela peut monter jusqu’à 20 dh.

A la fin de la journée, les pièces de monnaie ont fondu dans le porte-monnaie.

Et même si ce sont de toutes petites sommes, j’ai l’impression de jouer à l’écureuil en tentant d’avoir des petites réserves chaque jour.

Si bien que parfois je me dis que ce n’est pas d’un plus grand porte-monnaie dont j’ai besoin mais de çà :

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La conduite à Casablanca : le plus grand circuit de jeu sur console !

A ce jour, depuis notre arrivée, je n’ai pas connu plus gros challenge que survivre à la circulation quotidienne plus que dense dans Casablanca que ce soit en tant que conducteur ou piéton !

Gad Elmaleh originaire de Casablanca raconte dans un de ces sketchs que Casablanca est « la seule ville au Monde où quand le feu passe au vert on appuie sur le…klaxon  » ! Et c’est vrai que c’est la première surprise de conduite de la ville : tous ces klaxons tout le temps partout, pour tout.

Pour moi conduire à Casablanca, c’est comme s’installer devant une console de jeu. Je choisis mon véhicule et en avant le joystick sur le parcours d’obstacles à éviter !

Dès que je boucle ma ceinture (et oui chez moi c’est un réflexe étrange vu d’ici) je dis aux enfants : « ne me parlez pas, laissez moi me concentrer : Maman pilote ! »

Et c’est véritablement nécessaire ! Conduire dans Casablanca relève pour moi du circuit automobile, du défi hors normes.

Oublier toutes les règles apprises à l’auto école française…Ici l’interprétation est apparemment totalement différente.

Qui a dit qu’on double par la gauche ? Ah non ici on double… de partout comme on veut et ce même sur l’autoroute.

Tu veux tourner ? Facile… ben oui…tu tends le bras et l’agite par la portière ( le clignotant est sans doute une option payante supplémentaire du véhicule). Certains choisissent une autre méthode : ne rien faire du tout ! C’est tellement normal et évident d’être sur la voie la plus à gauche quand on veut tourner à droite.

Un stop : je m’arrête…ou pas….ou plus loin….Question d’humeur sans doute.

La priorité est à droite…Même à Casa. On m’a dit c’est d’ailleurs la seule règle à retenir. Dans la réalité tout dépend je suppose de la taille de l’auto, de la météo, des vagues, du jour…J’avoue n’avoir toujours pas assimilé cette règle.

Je vous parle des ronds points ? C’est à y perdre le nord. La place de l’Etoile à Paris, à côté quelle rigolade ! Aujourd’hui j’ai même vu une auto prendre le rond point… en sens inverse… !

Mais ce que j’aime le plus, dans la conduite en ville, à l’heure de pointe, ce sont les grosses cylindrées…. à cheval sur 2 voies, seules au monde.Très souvent ce sont des femmes qui les conduisent . Mais pourquoi donc roulent elles sur 2 voies ? Parce qu’on leur a dit de suivre la ligne blanche m’a t’on raconté…

Quant au permis de conduire local, j’ai entendu toutes sortes d’histoires sur le sujet : du permis obtenu moyennant un petit paiement, hors la vue, au passage de l’épreuve sur circuit fermé sans autre véhicule ou encore d’un test de 2 minutes de conduite sur ligne droite uniquement. Qui croire ?

Sur le principe de « InchAllah » qu’on peut traduire par « si Dieu le veut » bref le destin, les piétons se jettent sous les roues des véhicules au milieu des voies parce que les passages piétons il faut le reconnaître ne servent pas vraiment les véhicules ne s’arrêtant pas.

Les conducteurs de 2 roues qui pratiquent le slalom à haut niveau à égalité avec les taxis rouges, n’ont pas de casque ou alors mis à l’envers (?) et transportent souvent plus de passagers qu’autorisé ou encombré comme ici plâtré.

Combien de fois avons-nous vu Papa, Maman avec casques à l’envers (pour quelle raison : mystère !) sur le cyclomoteur, et bébé ou le jeune enfant, au milieu entre ses parents, et lui sans rien sur le crâne  ? Est ce parce que la fontanelle pas encore bien fermée et donc souple est supposée amortir le choc en cas de chute ?

Dans les rues de Casablanca tout peut arriver….Car il n’y a pas que des automobiles sur la route. Quelques exemples :

Des camions surchargés

Des triporteurs…

Ou encore des pièces de musée que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre….