Vie au Maroc, Vie d'Expat

Départ et Au revoir dans la vie de nomade

Il fallait bien que cela nous arrive aussi dans notre vie de nomades : nous voici en pleine phase de départs et d’au revoir.

A peine le temps de constituer un nouveau réseau de connaissances et de copains, que, déjà, certains partent vers d’autres horizons.

Nomade

Bien qu’inhérents à l’expatriation, je regarde ce mouvement avec intérêt et un pincement au cœur. Je me suis liée à ces nomades et ils emportent avec eux un petit morceau de moi.

Je n’aime pas être celle qui reste. Oh, sans aucun doute, il y a une explication psychologique, mais elle ne m’intéresse pas vraiment. Pour moi, c’est un fait. Etre sur un quai de gare et voir le train partir sans moi dedans est difficile. Je n’apprécie pas d’accompagner quelqu’un à l’aéroport sans monter dans l’avion. Je n’aime pas voir les copains s’en aller.

J’aime faire partie du mouvement. Je ne dis pas que c’est facile. Car partir vers l’inconnu ou démarrer une nouvelle expérience, c’est remettre en question ses habitudes de vie, mais je suis ainsi.

Est-ce parce que j’ai été une nomade, enfant ?

Tiny House d’époque

L’autre jour, je regardais une émission, sur une nouvelle mode, celle des « tiny house ». Tiny House. Mais si, vous savez, ces micro-maisons qui font moins de 40 m2 et que vous êtes censés pouvoir déplacer au gré de vos envies.

Cette émission m’a beaucoup amusée et m’a rappelé des souvenirs d’enfance; de bons souvenirs.

En effet, jusqu’à l’âge de 8 ans, avec mes parents et mon frère, nous étions une famille sans domicile fixe : nous vivions en caravane.

La voici d’ailleurs la « tiny house » de l’époque ! Attention photos vintage donc hélas la qualité laisse à désirer !

Maman pose avec mon frère et moi devant la caravane et le camion.
Une autre exemple de tiny House d’époque derrière nous !
Pas très grande la caravane n’est-ce pas ?

Vie nomade

Compte tenu de l’emploi nomade de mon père, qui le faisait se déplacer sur des chantiers pour des périodes, plus ou moins longues, mes parents avaient opté pour ce mode de vie.

Dans la pièce à vivre, mes parents disposaient d’un lit double rabattable et mon frère et moi dormions dans une cabine avec une fenêtre, dans 2 lits superposés.

Mes grands-parents paternels posent aussi devant la caravane
 

Lorsque nous restions un certain temps, au même endroit, un auvent en rigide, était installé devant la caravane et la machine à laver était alors descendue du camion et installée.

L’apercevez-vous cet auvent jaune derrière mon frère et moi ?

Pendant toutes ces années de vie nomade, nous avons beaucoup déménagé et j’ai très souvent changé d’école. Parfois je n’y suis restée que quelques semaines.

Première rentrée scolaire à 2 ans et premier cartable !

De temps à autres, nous n’étions pas très bien accueillis et je me souviens de sobriquets entendus « romanichels », « bohémiens », « gitans ».

Dans la mesure où nous étions souvent plusieurs familles avec le même mode de vie nomade, regroupées sur le même terrain, nous allions à l’école tous ensemble, en groupe. Du coup, cela ne nous atteignait pas.

Pour nous, enfants, la vie nomade, en caravane, représentait avant tout un vaste terrain de jeux, au grand air !

Pas vraiment aménagé le terrain derrière la photo de famille
Mon frère et moi dans l’herbe

Lorsque mes parents ont décidé de s’installer en Bretagne, d’y bâtir une maison puis d’y emménager, il parait que mon frère et moi avons fait la tête plus d’un mois entier, pas contents du tout d’avoir chacun sa propre chambre et une maison en dur !

En mouvement

Est-ce pour cela que j’aime bouger, que j’aime les voyages et les camping-cars, la vie nomade ? Est-ce la raison pour laquelle je ne suis pas très attachée aux lieux, aux habitations mais davantage aux personnes ? Peut-être, sans doute, probablement !

Quand je pose la question du départ à mes copines « pro de l’expat », les réponses sont variées. L’une m’a répondu que la première fois, elle avait été triste pendant 6 mois puis les années passant, elle s’était habituée à ce passage inévitable.

Une autre m’a révélé que plus les conditions d’expatriation avaient été difficiles, plus les liens de solidarité avaient été forts. Ces amitiés là, avaient souvent perduré, par delà les années et les pays, pour devenir comme une seconde famille qu’on retrouve avec plaisir. Une troisième m’a, elle, dit en riant, que le truc était de ne pas (trop) s’attacher.

A l’école, c’est aussi, la période des adieux. Que restera t’il de ces amitiés, même si la communication est tellement aisée aujourd’hui, via les réseaux sociaux ? Combien avons-nous encore de camarades d’école et de copains d’enfance si on a déménagé un certain nombre de fois ? Pour ma part, il ne m’en reste aucun de ma petite enfance et peu de mes années Bretagne.

Queen M voit ainsi s’en aller quelques camarades et surtout l’amie qu’elle s’est faite ici. Loulou, lui n’est pas concerné cette année.

Quant à Fils Aîné, il est, comme une grande partie des élèves de terminale : une fois le bac en poche, il va quitter le noyau familial pour poursuivre ses études.

Ouverture au Monde

En France, les élèves, dans leur immense majorité, restent étudier dans le pays. Depuis qu’ils sont expatriés, mes enfants ont compris, qu’ils pouvaient à l’instar de leurs camarades ici, au Maroc, envisager le Monde, comme Terre d’études.

Les barrières de langage et de culture n’existent plus. Ils savent qu’ils sont désormais capables de s’épanouir n’importe où.

L’ouverture au Monde de nos enfants qui était l’un de nos objectifs dans cette première expatriation, est donc désormais atteint. Ils ont aussi désormais, conscience de la richesse de cette expérience.

Fils Aîné a choisi de retourner en France, en septembre prochain afin d’y intégrer une école d’ingénieur. Il n’exclut pas de partir vivre à nouveau, à l’étranger ultérieurement, d’être un nomade. Dans l’immédiat, il est surtout, impatient de goûter à la vie d’étudiant.

Fils Aîné a bien grandi. Le temps lui est venu de prendre son envol.

Même si, en totale maman poule, je n’ai aucune envie de le voir trop s’éloigner, j’ai eu 18 ans pour me faire à l’idée du départ inévitable du nid de mon premier poussin. Evidemment, il y conserve toute sa place, bien au chaud. Evidemment, je continuerais de veiller et m’inquiéter car le rôle de maman est à vie n’est-ce pas ?

Mais je ne le conduirais ni à l’aéroport, ni sur le quai de la gare.