Vie au Maroc, Vie d'Expat

J’ai retrouvé la plage !

Depuis quelques heures aujourd’hui, le confinement est très allégé, enfin !

Tôt ce matin, je suis allée fouler le sable de la plage et j’ai laissé la mer me lécher les doigts de pied.

Je voulais jouir de cet instant avant la foule.

Trois mois et demi que je n’ai pas marché sur la plage.

Là c’est juste le bonheur !

A compter d’aujourd’hui, les cafés, les restaurants et hôtels peuvent rouvrir à 50% de leurs capacités, dans le respect de la distanciation sociale, des gestes barrière et le port du masque reste obligatoire (depuis le 7 avril, il devient un reflexe).

Queen M n’est pas sortie depuis le 13 mars, Loulou a uniquement eu rendez-vous chez l’orthodontiste, donc pour eux, aujourd’hui, cela va se limiter à l’achat d’une glace à déguster dehors tranquillement. Plaisir simple !

Les centres commerciaux sont également prêts pour la réouverture.

L’interdiction de se rassembler reste en vigueur.

Les vols domestiques reprennent aussi et le Maroc organise le rapatriement de ses milliers de ressortissants qui sont mis en quatorzaine dans des endroits déterminés.

Pour l’ouverture des frontières du royaume, il n’y a pas d’information. Peut-être après le 10 juillet, on l’espère ! Fils Aîné, désœuvré, nous attend. Peu importe l’endroit, pourvu qu’on se retrouve enfin.

Aujourd’hui, je savoure. Les barrières et les contrôles ont enfin quitté mon quartier. Je peux m’approcher du bord de mer au bout de ma rue. Je peux admirer l’océan à loisir sur le bout de trottoir. Avant le retour de la pollution de cette énorme agglomération, je respire à plein poumons.

Je souris. Je suis bien.

Et encore !

Liberté, ce sentiment

Le thème proposé par Jordanie Découverte pour le rendez-vous mensuel d’#HistoiresExpatriées est « La Liberté ».

Délibérément, j’ai choisi de rester sur un ton très léger.

J’avais plein d’idées et me faisais une joie de commencer par quelques paroles détournées de cette célèbre chanson d’il y a plus de 50 ans écrite par Georges Moustaki, interprétée par Serge Reggiani :


Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'as aidé
À larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Sauf que je n’ai pas retrouvé ma liberté, puisque le Maroc où je vis, prolonge encore, le confinement strict en zone 2 jusqu’au 10 juillet prochain. Quatrième mois… je n’en peux plus, même avec de belles conditions de vie et le soleil.

Au vu de cette nouvelle, je l’avoue, j’ai songé à renoncer à écrire sur ce thème.

A quoi bon évoquer la liberté quand on n’a pas le droit de sortir de chez soi, quand on ne peut même pas faire le tour du quartier à pied, ni même accéder à la mer qui est pourtant devant chez soi ?

Boulevard de la Corniche, Casablanca, Maroc

Les frontières du pays sont fermées. Cette précieuse liberté qui me permettrait de retrouver enfin, Fils Aîné, étudiant en France, que je n’ai pas serré dans mes bras depuis 4 mois, n’est pas accessible actuellement. Impossible de revoir la famille, les amis, les potes…

Mais c’est assez d’être triste et de pleurer encore.

Alors aujourd’hui, même si mon passeport prend la poussière dans un tiroir, même si le Maroc ne donne aucune visibilité ni information sur l’après confinement, j’essaie de trouver en moi les ressources pour supporter cette éternité.

Je plonge dans mes pensées et évoque les lieux ou situations qui me font me sentir libres !

La mer

Parce que j’ai grandi tout à côté, cette immensité liquide est ma source bien-être, mon antidépresseur naturel, ma thérapie !

Pieds nus dans le sable, je marche le long de la plage et je respire à pleins poumons : Je suis libre !

Ici la jolie lagune de Oualidia au Maroc

Le désert

Moi la grande bavarde, j’aime le silence du désert et sa quiétude. On y ressent de la sérénité. Face à ces dunes de sable, petit être humain perdu, je me sens libérée ! Le désert m’apaise.

Merzouga, Désert du Sahara, Maroc

Les routes nord américaines

Installé dans le véhicule, auto, camping-car, moto qu’importe…c’est parti pour de longues heures mais on s’en moque !

Le ruban de l’asphalte se déroule pendant des kilomètres et des kilomètres de lignes droites parfois avec juste l’horizon pour décor. Quel bonheur. Un puissant sentiment de liberté domine ! Si on le décide, on ne s’arrête jamais, on va où bon nous semble…

Attention toutefois : cela ne fonctionne ni en Europe, ni au Maroc, selon mon expérience ! Uniquement aux USA et au Canada !

On the road yeah !

On the road, région de Denver, USA

Les feux d’artifice

Et oui je sais, cela m’étonne moi-même.

Voir l’explosion de ces couleurs et formes, la tête levé vers le ciel me procure un sentiment de liberté et de joie.

Faire des « oh » des « ah » de ravissement comme si j’avais toujours 4 ans ! Applaudir ! Sourire …

Peu importe le lieu. Assise dans l’herbe, debout dans une foule ou sur un balcon en bonne compagnie, j’adore.

A Cody, USA, un 4 juillet

Par contre, il faut choisir soit on regarde, soit on prend des photos. Bon ben, il y a peu de belles photos à l’arrivée, en ce qui me concerne; donc je préfère regarder.

Le plus beau feu d’artifices vu à ce jour, est celui de Monaco, il y a … un certain temps.

Et vous ?

Qu’est-ce qui vous fait vous sentir libre(s) ?

Ci dessous les articles des autres participants à ce rendez-vous :

 

Et encore !

Notre plus beau souvenir d’Afrique

Telle était la question posée par Marlène du Blog La Girafe qui vole, à ses lecteurs.

J’ai eu envie de participer. Ce bel article collaboratif intitulé Petites-histoires-grands-souvenirs-de-voyage-en-afrique vient de paraître sur son blog.

Dépaysement instantané et assuré avec ces 27 petites histoires !

Et voici ci-dessous ma participation :

Afin de répondre à la question de Marlène, j’ai effectué un sondage auprès de la tribu.

La tribu c’est notre famille, composée de 2 adultes et trois trolls de 18, 16 et bientôt 14 ans.

Bien que nous habitions désormais nous aussi en Afrique puisque nous vivons, au Maroc, à Casablanca depuis un peu plus de deux ans et demi, la réponse spontanée et unanime a été : la Namibie !

C’est rare qu’on soit tous du même avis donc c’est dire si ce voyage nous a plu !

Sur la question, du plus beau souvenir, nous avons encore répondu à l’unanimité, et là on frise l’exceptionnel : la faune en liberté dans des paysages époustouflants !

Pendant un peu plus de trois semaines, accompagné de notre 4X4 avec tente sur le toit, nous avons goûté ce pays magnifique, préservé du tourisme de masse. Tout au long de notre itinéraire, en liberté, sans guide, nous avons découvert des animaux dans leur habitat naturel. Quel bonheur !

Et que dire du fabuleux parc d’Etosha ? En veillant bien sûr à respecter les consignes de sécurité, nous avons passé plusieurs jours à observer et admirer de jour comme de nuit, les Big Five (lions, éléphants, buffles, léopard, rhinocéros noir) mais aussi les girafes, singes, zèbres, oryx, autruches, oiseaux etc.

Un souvenir magique et inoubliable pour tous !

Nos avis divergent sur l’animal préféré même si l’éléphant est celui qui nous a le plus impressionné. J’avoue un gros faible pour les zèbres très craintifs et l’absolue grâce et élégance des girafes. En liberté !

 

Vie au Maroc, Vie d'Expat

Casablanca : chronique d’un confinement en famille : patatras

Dimanche 24 mai

Aujourd’hui, c’est l’Aid el Fitr, la fin de la période de jeûne commencée au début de la nouvelle lune et qui s’achève au début du cycle lunaire suivant.

Au Maroc, la date est toujours incertaine car il importe que l’astre soit visible à l’œil nu selon la tradition. La date est donc annoncée officiellement par le ministère des Habous et des Affaires islamiques.

Demain c’est férié et les enfants n’ont pas école avant jeudi.

Vendredi 29 mai

Depuis mardi après-midi, les librairies peuvent rouvrir, les cafés et restaurants aussi depuis aujourd’hui, pour la vente à emporter et les livraisons. Il n’y a plus de couvre feu mais dans notre rue désormais, une barrière empêche l’accès total à la corniche.

Hier, a été annoncée la suppression de l’épreuve orale du bac de français. Queen M est à la fois soulagée et déçue. Quelle drôle d’année scolaire ! Son conseil de classe a lieu le 5 juin celui de Loulou le 2 juin. Le programme est terminé dans plusieurs matières. Et les cours sont censés durer jusqu’au 4 juillet ?

Dimanche 31 mai

J’avais rêvé d’une coupe de champagne, sur la plage, les pieds dans la mer.

Bah c’est raté, mon anniversaire cette année, est confiné.

Et sans Fils Aîné. Encore une première. Hélàs.

Malgré tout, la journée est agréable et joyeuse. J’ai reçu plein de messages d’amour et d’amitié et cela fait beaucoup de bien.

Lundi 8 juin

Il pleut ce matin ! C’est extrêmement rare en cette période de l’année. Les cafards eux continuent de se manifester. J’ai vraiment horreur de ces bestioles. On traite la maison et le jardin chaque année, au printemps sauf cette année évidemment !

Depuis quelques jours, de nouvelles rumeurs courent. Certaines parlent à nouveau d’une prolongation.

Les chiffres officiels à dimanche 7 juin, 18h, font état de 8 224 cas de covid 19 depuis le 2 mars dernier (premier cas) et 208 morts pour le Royaume.

Avec près de 4,5 millions d’habitants, l’agglomération de Casablanca, la plus importante du Royaume, concentre le plus grand nombre de cas : 2 767 soit 33,65%.

Pourvu que cette fois, les rumeurs soient fausses !

Loulou et Queen M ont eu leur conseil de classe. Certains enseignants ont terminé le programme. Que vont-ils donc faire maintenant ?

Fils Aîné a réussi ses examens. Il est content et nous fiers. Le voilà donc en vacances car il est impossible actuellement de trouver un stage en France.

Dans quelques jours, cela va faire 4 mois qu’on ne s’est pas vus. Il me tarde tant !

Je surveille l’ouverture des frontières en Europe. Au Maroc il n’y a toujours aucune information.

Après l’aspect sanitaire, les entreprises en Europe, enclenchent le volet économique. Ici, la vague des départs a démarré sa saison. Certains départs étaient prévisibles, d’autres non.

Je ne m’y habitue pas.

Mercredi 10 juin

J’avais espéré écrire ou plutôt crier aujourd’hui enfin : « Libérés…délivrés…

J’avais espéré mettre le mot « fin » en titre.

Il n’en est rien. Cette chronique n’aura pas de fin !

Officiellement, à partir de demain, on passe en déconfinement progressif. Sauf qu’en réalité, on ne change rien et nous sommes toujours confinés.

Le Royaume se divise désormais en deux zones : la zone 1 où certaines activités sont permises et la seconde, qui comprend les régions de Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès, Rabat, et qui reste, elle, confinée même si les commerces de proximité (à définir) peuvent ouvrir jusqu’à 20 h !

Mais il ne nous est toujours pas possible de faire le tour du quartier à pied, de s’approcher de la mer, de sortir de la ville ou de voir quiconque.

Un quatrième mois de confinement se profile donc jusqu’au 10 juillet parallèlement à l’état sanitaire d’urgence qui vient d’être aussi prorogé.

Quand les frontières rouvriront elles ? Aucune communication.

Quid après le 10 juillet ? Aucune communication.

3 499 décès sur les routes marocaines en 2017… 208 décès officiels du covid 19 à ce jour.

Pourtant je n’ai pas vu, ici, un seul jour, sans automobile.

Vie au Maroc, Vie d'Expat

Centons : une proposition de Loulou

Petit globe de la Terre
Je vois au travers de toi,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit
Que te faut-il ? Tu souffres à hurler ?
Et maintenant, où seras-tu tranquille ?
Et fixant l'eau, l'air, l'ombre et l'heure insaisissables,
Tout en me disant qu'elle le sera toujours quoiqu'il arrive,
Me voilà dans cette baignoire, à lire, cette fois.
Nous luisons comme la mort.

Il s’agit de centons. C’est à dire d’une reprise de textes d’autres œuvres réarrangé en un nouveau texte. Néanmoins, je salue le travail de Loulou. 

Car en cette période de long confinement, ces mots résonnent parfaitement.

A vous de trouver les auteurs de ces vers !