Les voyages de la Tribu

Direction le Grand Sud du Maroc

Partir dans le Grand Sud Marocain hors des circuits touristiques traditionnels, ça vous tente ? Admirez des paysages bruts, des villages hors du temps ? Découvrir un Maroc moins connu ?

Pour ma part, cette région est un vrai coup de cœur !

Quand on parle du sud du Maroc on évoque Ouarzazate, le désert etc. Certes c’est effectivement un incontournable de tout séjour dans le Royaume et le circuit est de toute beauté avec ses kasbah, gorges, palmeraie. 

Encore plus au sud, il y a aussi, d’autres belles découvertes et c’est cette région que souhaite vous présenter aujourd’hui.

Cette fois c’est à partir d’Agadir que nous démarrons cette virée en voiture.

Agadir et sa grande roue

Pendant ces quelques jours de vacances, en février, nous effectuons une boucle dans le Grand Sud du Maroc. d’environ 750 kilomètres.

Première étape : direction la côte sud et le parc de Souss Massa !

Parc de Souss Massa au sud d’Agadir

A une cinquantaine au sud d’Agadir, nous entrons dans le parc de Sous Massa. Occupant une bande de terre le long de l’Atlantique, ce parc est une réserve naturelle. On y trouve des mammifères mais surtout des oiseaux.

Un guide peut s’avérer utile quand on recherche un type d’animal précis. Mais nous nous sommes contentés de marcher à notre guise dans ce bel endroit assez préservé.

Il est aussi possible de faire une halte dans le village à côté.

Nous préférons reprendre la route et nous diriger vers Tiznit.

Tiznit

Située à 100 kilomètres environ au sud d’Agadir, cette ville est connue pour ses remparts qui encerclent la médina;

Son côté paisible et son souk de bijoux travaillés en argent.

Après une pause déjeuner tardive, nous reprenons la route en direction de Mirleft en longeant la côte.

Mirleft et la plage de Legzira

Le temps s’est couvert et nous découvrons la très grande plage de Legzira et sa grande arche, sans soleil !

Nous avons le temps avant la marée de faire l’aller retour sous une des arches qui est effectivement assez imposante.

Nous rebroussons chemin vers notre hébergement sympathique au nom évocateur : un thé au bout du monde !

Le lendemain, le temps est plus clément.

Nous croisons des camping-cars qui ont choisi un magnifique spot pour passer la nuit.

En route pour Guelmin, dernière ville avant le désert sans attrait particulier à notre sens. Les paysages sont beaux.

 

Après un arrêt dans un grand supermarché au milieu de nul part et un plein de diesel, nous bifurquons vers l’oasis de Tighmert.

Oasis de Tighmert

Quand nous arrivons dans cette oasis, c’est la mi-journée. Il n’y a personne, pas un bruit. Quelques constructions en pisé, un âne et de beaux palmiers.

La palmeraie s’étend sur 8 kilomètres environ. Les habitants sont d’anciens bédouins qui peu à peu se sont sédentarisés. Ils cultivent aujourd’hui de petites parcelles. Aux portes du Sahara, l’eau est encore plus précieuse. Un canal d’irrigation à ciel ouvert serpente entre les palmiers.

Pour l’heure, nous sommes seuls. Tandis que la tribu fonce en avant, je déambule avec mon appareil photo.

Je m’arrête devant cette porte cadenassée qui me fait sourire. J’ai du mal à imaginer quelles pièces peuvent bien se « caher » derrière cette porte :).

Je finirai par rencontrer une personne avec qui bien entendu, s’engage la conversation. Ce monsieur, quelques livres sous le bras me raconte qu’il va ouvrir le lendemain une bibliothèque un peu plus loin. Je lui réponds que c’est également ce que je suis en train de faire à Casablanca dans un collège de façon bénévole. Je lui souhaite bonne chance pour son projet. La tribu revient vers moi. Il est l’heure de quitter cette halte paisible.

La route devient étroite et sinueuse. Nous nous dirigeons vers l’Anti Atlas et vers Amtoudi.

L’agadir d’Amtoudi

Un agadir est un grenier fortifié collectif. Il servait il y a bien longtemps à stocker et à protéger les récoltes d’un village contre d’éventuelles attaques.

Celui d’Amtoudi, construit en pierre, présente la particularité d’être construit sur un piton rocheux. De part sa situation, il se voit de loin. Il devait bien remplir son rôle défensif car il est tout au sommet là-haut !

Evidemment, il faut grimper pour le découvrir. Heureusement il y a un sentier. Amtoudi est un petit village au creux de falaises imposantes et il fait très déjà chaud.

Chacun muni de sa réserve d’eau, à son rythme, nous montons. Je ferme la marche.

La vue est superbe ! Le village en bas est tout petit.

A l’entrée, nous trouvons le gardien qui moyennant quelques dirhams nous ouvre.

L’ensemble est très bien restauré. Pour Loulou c’est un formidable terrain de jeux !

Nous nous promenons à notre guise dans l’agadir; C’est intéressant. Nous regrettons de ne pouvoir y rester plus longtemps. On serait bien restés. Car il y a des balades à faire aussi au-dessus du village, dans de superbes gorges. Pour les amateurs d’escalade il semble que cela soit un bon spot.

Mais la route nous attend.

Tafraoute

N’ayant pas de 4X4, nous n’empruntons pas la piste indiquée. Nous repartons sur la route bitumée. Nous voilà donc à traverser des paysages désertiques en suivant Waze. Sauf qu’à un moment, il n’ a plus de signal. Waze est perdu. Evidemment il n’y a pas de panneaux. Et même s’il  en avait peu de chance que nous parvenions à es déchiffrer car écrits en arabe. Heureusement, peu avant je me suis équipée d’une carte routière papier. C’est le moment de la sortir en bonne organisatrice tout terrain. Aie elle est restée à Casablanca :(.

L’Homme usera de son sens de l’orientation pour nous mener à bon port. Ouf il n’y a pas eu trop de croisements. C’est à la nuit tombée que nous arrivons à El Malara, une superbe maison d’hôtes près de Tafraoute pour un repos amplement mérité après cette grosse journée de découverte.

Le lendemain, nous sommes en forme. Aujourd’hui, pas de grand trajet, nous restons sur place pour découvrir les curiosités locales.

Tout de suite à droite en sortant de la maison d’hôtes, nous empruntons une piste pour découvrir une étrangeté ou une œuvre d’art ?

Les Rochers Peints

En 1984, un artiste belge, Jean Vérame, peignit essentiellement en bleu, sur environ 5 kms, des rochers situés dans un environnement préservé. Cette œuvre nécessita des tonnes de peinture.

L’art ne s’explique pas. Chacun est libre de son ressenti donc je ne vais pas commenter.

L’accès est libre. Nous étions quasi seuls sur le site. Loulou s’est amusé comme un fou à escalader les amas rocheux colorés et moi à prendre des photos.

Tafraoute est entouré de roches de granite rose dont la couleur change en fonction de la course du soleil. Elle deviendrait même rouge, le fameux rouge de Tafraoute vanté par un des guides, lors de la visite de la superbe Mosquée de Casablanca.

Le village, situé à 1200 m d’altitude, constitue une excellente base de séjour pour qui souhaite découvrir la région et randonner aux alentours. Nous serons d’ailleurs très surpris de voir un grand nombre de camping-cars à cet endroit. Beaucoup de retraités européens séjournent l’hiver dans le sud du Maroc (bon nombre d’entre eux se retrouveront ultérieurement bloqués en mars 2020 suite à la pandémie de coronavirus).

Gorges et oasis d’Aït Mansour

A une trentaine de kilomètres au sud de Tafraoute, nous découvrons les gorges et l’oasis d’Aït Mansour. Le route tourne mais c’est magnifique.

Quand il fait très très chaud, plus de 40 degrés, nul doute que la fraicheur des gorges et de l’oasis soient très appréciés !

Des gravures rupestres parsèment également la région.

Le lendemain, nous quittons à regret l’endroit. Notre dernière étape c’est Taroudant.

Sur la route

De Tafraoute il y a plusieurs itinéraires possibles mais nous choisissons celui qui passe par Aït Baha. Car j’ai noté qu’il y a deux autres agadirs à découvrir que nous ne trouverons pas finalement !

Nous faisons un arrêt pour visiter un village abandonné.

Kasbah de Tizourgane

Il s’agit d’un village d’une vingtaine de maisons du XIIIème siècle en cours de restauration. Situé sur un promontoire, l’endroit se visite en payant quelques dirhams. Le propriétaire a ouvert une maison d’hôtes aussi.

La route est pittoresque. On ne s’en lasse pas.

Les paysages sont tantôt arides, minéraux ou plus doux.

Taroudant

Nous voilà arrivés à Taroudant qu’on prononce en roulant les « r » et avec un « e » à la fin ce qui donne « Tarrroudantee ».

Pour cette dernière nuit dans le grand sud, notre hébergement est situé dans la médina : le palais Oumensour. Nous sommes les seuls clients.

Médina de Taroudant

Comme d’habitude, nous nous baladons au cœur de la ville.

Taroudant est surnommée la petite Marrakech en raison de ses beaux remparts ocres. Mais la ville est bien plus calme et tranquille.

Street Art de Taroudant

Face à une des portes principales, à l’entrée de la médina, se trouve un long mur couvert d’œuvres façon street art.

Très sympa n’est-ce pas ?

A nouveau voici l’heure pour nous de repartir vers Casablanca moins chargés que cette camionnette !

Les voyageurs peuvent poursuivre vers Marrakech par la route de Tizi-N-Test ou continuer vers Ouarzazate et le désert du Sahara